Le débat des chefs d’hier soir a donné lieu à plusieurs échanges virulents entre André Boisclair, Jean Charest et Mario Dumont, sans qu’aucun des trois n’arrive à se démarquer réellement des deux autres chefs de partis.
Animé par le journaliste de TVA Jacques Moisan, le débat était diffusé en direct à Radio-Canada, TVA et Télé-Québec. Cinq thèmes ont été abordés, soit la santé, la gestion de l’État et l’économie, l’éducation et l’avenir politique de la province.
D’entrée de jeu, le chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ) Mario Dumont s’est engagé à rendre public son cadre financier après le dépôt du budget fédéral, ce que plusieurs lui demandait de faire depuis le début de la campagne. André Boisclair, chef du Parti Québécois (PQ) a pour sa part réaffirmé que l’éducation était la priorité numéro un du parti souverainiste, alors que le premier ministre Jean Charest a réitéré le désir des libéraux de faire de la santé leur principal enjeu.
En Santé, Mario Dumont a dressé un bilan des accomplissements des deux autres partis tout en faisant l’apologie du système de santé à public-privé. « C’est fini, le mythe de la gratuité. C’est la cassette de Trudeau, Chrétien, Charest et Boisclair », a-t-il martelé.
Au niveau des gestions de l’État, le chef adéquiste a présenté en cours de débat une note de service du ministère des Transports datant de 2004 concernant l’état du viaduc du Concorde. « Comment avez-vous pu manquer à vos responsabilités? Votre gouvernement avait été alerté », a-t-il affirmé à l’intention d’un Jean Charest plutôt calme. « Vous induisez les gens en erreur, allez donner (ce document) à la commission (d’enquête) », a calmement répondu le chef libéral.
Parlant d’éducation, André Boisclair a rappelé l’engagement du PQ de maintenir les frais de scolarité actuelle. « Bernard Landry, Lucien Bouchard et (l’ancien ministre de l’Éducation du PQ) Sylvain Simard sont contre vos idées pour l’éducation », s’est exclamé Jean Charest. Le chef adéquiste a pour sa part été attaqué de toute part concernant ses « fabulations » d’abolir les commissions scolaires.
Les trois chefs ont ensuite discuté de leur vision de l’avenir du Québec, entre la souveraineté, l’autonomisme et le fédéralisme. « Nous allons nous affirmer sans nous séparer », a soutenu Mario Dumont. « Si ça existait, on l’aurait! », a répliqué André Boisclair, en référence aux publicités des magasins Réno-Dépôt. Charest a quant à lui présenté le bilan des relations Québec-Ottawa. « On a été reconnu comme nation, le gouvernement du Québec a créé le Conseil de la fédération, on a une place à l’UNESCO, on est en voie de régler le déséquilibre fiscal. Jouer en équipe est plus profitable que de s’isoler comme le proposent Boisclair et Dumont. »
Ponctué d’attaques cinglantes des trois leaders, le débat n’a pas permis de couronner un vainqueur, croit la chroniqueuse politique à The Gazette Josée Legault. « Le débat a permis à Mario Dumont de consolider les votes qu’il avait déjà. Jean Charest a été égal à soi-même et Boisclair a été correct même s’il coupait trop la parole », résume l’analyste.