Jul/100
Les primes au bilinguisme des fonctionnaires fédéraux ont coûté plus d’un demi-milliard aux Canadiens depuis 10 ans
Philippe Orfali
LeDroit
Les primes au bilinguisme dont bénéficient des dizaines de milliers de fonctionnaires fédéraux coûtent cher aux contribuables : depuis 10 ans, c’est plus d’un demi-milliard de dollars qui a été remis à des employés du gouvernement du Canada, pour leur maîtrise des deux langues officielles. Et la facture ne cesse de croître, d’année en année. La Fédération des contribuables canadiens demande son abolition. L’ex-commissaire aux langues officielles, Dyane Adam, aussi.
C’était l’une des concessions faites par le premier ministre Pierre Elliott Trudeau pour apaiser les fonctionnaires fédéraux du Québec, en 1977 : chaque employé du gouvernement canadien occupant un poste bilingue et qui démontrait une maîtrise véritable du français et de l’anglais recevrait, chaque année, un chèque de 800 $, sorte d’incitatif à parler les deux langues.
La valeur de la prime n’a jamais été modifiée, mais le nombre d’employés de l’État qui se qualifient pour l’obtenir, lui, a crû de façon exponentielle. Évaluée à 12 millions $ à sa création, la mesure coûte aujourd’hui 72 millions $ par année aux contribuables, révèlent des documents obtenus parLeDroit en vertu de la loi sur l’accès à l’information.
Depuis le début de la dernière décennie, près de 625 millions $ de primes ont été octroyés à des fonctionnaires, parce qu’ils détiennent les compétences linguistiques requises pour leur poste.
L’an dernier, ils étaient 90 650 à jouir de ces bonis. Sans surprise, plus de 65 % des receveurs de primes sont francophones. Et plus des deux tiers travaillent dans la grande région de la capitale nationale.
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Voir aussi:
Une mesure périmée, selon Dyane Adam