19
Jun/09
0

20 000 litres de mazout dans le sol – Un déversement gardé secret à l’Hôpital Montfort

20 000 litres de mazout dans le sol - Un déversement gardé secret à l'Hôpital Montfort

Des milliers de litres de matières toxiques déversées, et une facture qui frôle les six millions de dollars. Et, surtout, des centaines de patients, à qui on a tout caché.

L’incident est survenu il y a près de six mois, vers le 23 janvier, à quelques mètres à peine de la nouvelle entrée principale de l’hôpital Montfort. Une grue mécanique aurait sectionné un tuyau d’approvisionnement en mazout, injectant dans le sol de 15000à 20000 litres de ce combustible à chauffage.

Pourtant, l’hôpital n’en aurait informé le public pour la première fois que jeudi soir dernier, dans le cadre de son assemblée générale annuelle.

La direction de l’hôpital Montfort se défend bien d’avoir tenté de passer sous silence le déversement de ce combustible, qui sert à chauffer l’hôpital en période de grand froid, à proximité de sa nouvelle aile D. “Dès que nous en avons été avisés, nous avons communiqué avec les autorités concernées. Toutes les personnes qui devaient en être informées l’ont été”, a déclaré hier soir le vice-président exécutif et vice-président, administration des affaires et finances, Marc Joyal. “C’était sur la place publique, il n’y avait rien de caché.”

C’est lorsqu’on a voulu faire le plein d’un réservoir de mazout que l’on a constaté la brèche. Immédiatement, l’hôpital a pris les mesures pour assurer la sécurité de ses patients, soutient M.Joyal.

“Les ministères de la Santé et de l’Environnement de l’Ontario en ont été avisés le jour même”, a confirmé Denis Chartrand, ingénieur et président du Comité du projet de développement du Nouveau Montfort.

Des employés ont dû être relocalisés temporairement pour que certains travaux soient effectués, mais “aucun patient n’a été incommodé par le déversement”, assure-t-on.

6 millions$ pour décontaminer

Les activités de décontamination ont été entamées il y a quelques semaines déjà. L’hôpital ne cache pas que les travaux coûteront cher, et dureront longtemps. “On parle d’un coût d’environ 6 millions$. Pour l’instant”, a dit M.Joyal.

Pour procéder au nettoyage, des puits sont creusés à tous les cinquante mètres afin de cerner la nappe de combustible. “Il va y avoir des stations de pompage qui traiteront l’air et le sol afin de s’assurer qu’on a un site décontaminé, éventuellement”, explique M.Joyal. L’installation de ces “pompes” pourrait durer quelques mois.

“Et ça pourrait prendre de 10 à 15 ans pour décontaminer”, dit M.Chartrand.

L’hôpital continue de suivre l’évolution des événements. “En janvier, nous prenions des échantillons d’air trois fois par semaine, indique M.Joyal. Nous en prenons toujours une fois par semaine, pour s’assurer de la santé de tous.”

Inquiétudes à la Défense

La fuite de combustible a aussi menacé de retarder l’emménagement des employés du nouveau Centre de santé des Forces canadiennes pour la région de la Capitale nationale, située sur deux étages de l’aile D du “Nouveau Montfort”.

“Nous n’étions pas certains de pouvoir emménager à temps en raison du déversement, car il y avait des préoccupations de santé. [La Défense et l'hôpital] ont dû faire venir des inspecteurs, pour s’assurer que les lieux étaient bel et bien sécuritaires. Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous n’étions pas ravis (de la tournure des événements)”, a dit une source à la Défense nationale, sous le couvert de l’anonymat.

Pas de poursuites judiciaires

Comme l’incident est survenu dans le cadre de la construction du “Nouveau Montfort”, l’affaire est maintenant entre les mains des assureurs de l’hôpital. La direction de l’établissement de santé ne compte pas poursuivre l’entreprise responsable du dégât. “Ce sera à nos assureurs de décider si c’est nécessaire”, a dit M.Joyal.

Le projet d’expansion du “Nouveau Montfort”, un projet de 300 millions, comprend l’agrandissement des installations de 450000 pieds carrés, l’ajout de près de 50 millions en équipement et des travaux de rénovation des installations construites en 1953 et 1992.

ÉTIENNE RANGER, LeDroit - Le déversement de matières toxiques est survenu aux environs du 23 janvier dernier, à quelques mètres à peine de la nouvelle aile D de l’hôpital Montfort. La Défense nationale, qui vient d’y déménager son Centre de santé des Forces canadiennes pour la région de la Capitale nationale, a même songé à retarder son déménagement.

Author: Philippe Orfali

Philippe Orfali est journaliste. Il travaille actuellement au quotidien LeDroit d'Ottawa. Philippe Orfali is a freelance reporter, currently working for Ottawa's French-language daily newspaper LeDroit.
Comments (0) Trackbacks (0)

No comments yet.

Leave a comment


No trackbacks yet.