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Afghanistan – Des Gatinois au front
Le quotidien de la plupart des jeunes de leur âge consiste à aller à l’école, à travailler et à faire des devoirs et, parfois, à rêver à un éventuel voyage. Mais ce quotidien, ce n’est pas celui de Maxime Grenier, Martin Charron et Mathieu Dupuis-Beauchesne.
Les trois jeunes hommes ont 20 ans ou moins et s’apprêtent à combattre les forces rebelles en Afghanistan, aux côtés de quatre autres réservistes gatinois.
Depuis plus d’un an, ils s’entraînent, chaque jour ou presque. Et rêvent à l’Afghanistan, chaque soir.
Ils passeront les sept prochains mois en Afghanistan, à plus de 10 000 kilomètres de leur famille et de leur copine pour leur tout premier “tour” (séjour) en sol afghan.
À 18 ans, Mathieu Dupuis-Beauchesne surprend par sa maturité. Le jeune homme du secteur Gatineau sait qu’il veut combattre, “que ce soit dans l’armée, dans la police ou dans une force tactique” depuis qu’il est tout petit.
Mêmes commentaires chez Maxime Grenier et Martin Charon, tous deux âgés de 20 ans. “Je ne voulais pas d’un emploi de bureau où je travaillerais de 9h00 à 17h00, du lundi au vendredi. J’avais envie d’une vie imprévisible et qui me pousserait sans cesse à me dépasser. Et c’est ce que j’ai choisi, lance fièrement Maxime Grenier. Je ne sais pas ce que je ferai demain ou la semaine prochaine. Et c’est ce qui me fait bouger.”
Une expérience “trippante”
Après deux mois d’entraînement sur le terrain en Alberta et quatorze jours de simulations intensives au Texas “à tirer avec de vraies balles”, les trois jeunes hommes se sentent fin prêts pour cette mission. S’ils ont des angoisses par rapport à ce qui les attend là-bas, ils parviennent à le dissimuler plutôt bien.
“Je planifie déjà un deuxième ‘tour’ en Afghanistan après celui-ci. C’est vraiment ce que je veux faire de ma vie”, assure Maxime Grenier.
“Tirer des balles de la taille de ma tête, ça me fait tripper!, s’enthousiasme Mathieu. Mais, plus sérieusement cette fois, il ajoute : “c’est aussi de participer au développement et à l’avancement de ce pays qui m’intéresse.”
“Ça fait tellement longtemps qu’on se prépare à cette mission, à ce pays. Ça fait tellement longtemps qu’on essaie de planifier ce qu’on ne peut qu’imaginer. J’ai hâte de poser mes pieds par terre en descendant de l’avion. J’ai hâte de découvrir Kandahar”, lance quant à lui Martin Charon.
Pendant ce temps, à Gatineau
Mathieu Dupuis-Beauchesne minimise les risques qu’il court en allant faire la guerre dans ce pays d’Asie centrale. “On s’entraîne depuis des mois. On a été préparé à à peu près toutes les éventualités”, dit-il.
Mais sa mère Louise Dupuis ne peut s’empêcher de faire preuve d’un peu de scepticisme devant l’enthousiasme de son fils.
“Parfois je me dis que j’aurais tellement aimé ça, avoir un fils musicien! Ce n’est pas évident, être la mère d’un jeune soldat. Mais il est heureux et semble être dans son élément. À chacun sa passion.”
L’oncle de Martin Charon est actuellement déployé en Afghanistan. Il s’agit de sa troisième mission, après la Bosnie et le golfe persique. Un état de chose qui permet à sa mère, Céline Charette, de ne pas trop s’en faire. “Je prends ça très positivement. Je suis fier de mon fils et j’ai une petite idée de ce qu’il va y faire. Je respecte son choix”, dit-elle.
Mariage au retour
À de nombreuses reprises, Marie-Emmanuel Deveau a tenté de convaincre son copain Maxime Grenier de ne pas aller risquer sa vie en Afghanistan et de rester ici, auprès d’elle. “Lui, il aime ça, et il a hâte de partir. Il n’y a pas grand-chose que je puisse y faire pour le retenir”, dit-elle.
“J’ai juste hâte qu’il revienne et qu’on puisse se marier.”
Outre les trois jeunes hommes, quatre autres gatinois se rendront en Afghanistan au cours des prochaines semaines. Il s’agit de Simon Camaraire, 23 ans, Michaël Léonard, 21, Maxime Lavallée-Picard, 21 ans et Marc-André Blais, 30 ans.
Cent-douze soldats canadiens ont péri en Afghanistan depuis le début de la guerre, en 2002.
April 14th, 2009
Et bientôt Phil en Irak ???